
23 AVRIL 1961
23 avril 61
Dans la banlieue, vers les midi,
Elle souffre depuis ce matin,
Ses plaintes deviennent des cris.
Les infirmières et le médecin
Sont réunis autour du lit.
C'a y'est c'est l'heure de me pointer
Et de connaître la transition
Entre ce ventre bien douillet
Et l'autre côté de mon cocon.
Voici l'instant de ma naissance,
Voici l'début de mon histoire,
A peine sortit de l'insouciance
A peine quitté ce long couloir,
J'reçoit une claque que le cul
Venue d'une main d'un inconnu.
Mes larmes ne sont pas du cinoche
Je me demande encore pourquoi,
De ma maman l'on me décroche
Et déjà libre, l'on me bat?
Tu n'aurais pas du ma pauvre mère
Me concevoir sur ce caillou.
Tu aurais pu éviter mon père
Et ne pas arroser mon chou.
23 avril 64
Sur les bancs de la maternelle,
Obéissant, donnant la patte
Comme un chien devant son écuelle,
Autour de moi tout est géant
Le Monde me parait irréel.
J'écoute la maîtresse d'école
Puisqu'elle fait don d'autorité,
Sur la tête j'n'ai pas d'auréole
Sans plus être indiscipliné.
Voici l'instant de mon enfance,
Voici l'intrigue de mon histoire.
Je me renferme dans mon silence
Je suis tranquille et peu bavard,
Cela ne plait pas a tout l'monde
Je n'comprend pas que l'on me gronde.
Mes larmes ne sont pas du cinoche
Je me demande encore pourquoi
De mon nuage l'on me décroche
Comme un moineau que l'on abat?
Tu n'aurais pas du ma pauvre mère
Me concevoir sur ce caillou.
Tu aurais du éviter mon père
Et ne pas arrose mon chou.
23 avril 77
Je trime déjà pour un patron.
Travailler dur pour une retraîte
Cela n'est pas la solution.
L'esclavage n'est pas abolit
Il existe encore dans l'pays.
J'en ai marre de fermer ma gueule
Et de bêler comme un mouton,
Je vais l'ouvrir, même tout seul
Et exposer mes opinions.
Voici l'instant d'l'adolescence
Voici le hic de mon histoire,
J'ai trop causé, j'avais confiance
En l'insultant sans le savoir,
Deux jours après je suis viré
De l'entreprise ou j'travaillais.
Mes larmes ne sont pas du cinoche
Je me demande encore pourquoi
J'défend mes droits et l'on m'décroche
D'la société pour un faux pas?
Tu n'aurais pas du ma pauvre mère
Me concevoir sur ce caillou.
Tu aurais du éviter mon père
Et ne pas arroser mon chou.
23 avril 80
Je rentre dans la cour des cons
Marcher aux pas, faire le biffin
Petit soldat de la Nation.
Merci pour moi mais mon drapeau
Devant mes yeux n'est pas si beau.
M'enfin s'il faut passer douze mois
Dans une caserne militaire
Je ne baisserai pas les bras
Sans non plus construire une carrière.
Voici l'instant de la violence,
Voici l'intense de mon histoire,
J'avais rêvé de grandes vacances
J'avais rêver d'un grand départ,
J'n'ai pas été plus loin qu'la Marne
En plein coeur des bulles de Champagne.
Mes larmes ne sont pas du cinoche
Je me demande encore pourquoi
J'suis volontaire et l'on m'décroche,
Je n'comprends pas leur B.A.BA ?
Tu n'aurais pas du ma pauvre mère
Me concevoir sur ce caillou.
Tu aurais du éviter mon père
Et ne pas arroser mon chou.
23 avril 82
Voici le bon temps des amours
Devant les hommes et devant Dieu
Je fais serment d'l'aimer toujours.
Si le mensonge est un pêché
Alors je possède un verger.
Deux ans plus tard je plante la graine
Comme d'autres l'ont fait avant moi,
C'est le soleil qui chasse la peine
Et le bonheur dessous mon toit.
Voici l'instant de la romance,
Voici la rose de mon histoire.
La vie est belle et je le pense,
La vie est belle, gare au brouillard!
Il se prépare un gros typhon
Qui obscurcit mon horizon.
Mes larmes ne sont pas du cinoche
Je me demande encore pourquoi,
De mon épouse je me décroche
Et la famille déjà m'abat ?
Tu n'aurais pas du ma pauvre mère
Me concevoir sur ce caillou.
Tu aurais du éviter mon père
Et ne pas arroser mon chou.
23 avril 2001
Les années se sont écoulées
Et sur la vie, je fais le point
Tout est idem, rien a changé
A part peut-être les amis
Qui hélas n'ont pas rajeunit.
Je continu tout seul ma route
Vers un automne moins pluvieux
Avec mes joies, avec mes doutes,
Mes coups de gueule, mes larmes aux yeux.
Voici l'instant de l'espérance,
Voici la fin de mon histoire,
Aurais-je un jour ma délivrance?
Aurais-je un jour le temps de croire
Que l'homme ne s'ra pas l'assassin
Inconsciemment du genre humain?
Mes larmes ne sont pas du cinoche
Je me demande encore pourquoi
De l'existence je me décroche
Avec l'alcool et le tabac ?
Tu n'aurais pas du ma pauvre mère
Me concevoir sur ce caillou.
Tu aurai du éviter mon père
Et ne pas arroser mon chou.

Commentaires (4)
1. fafa 10/06/2009
joliment ecrit tous sa, maintenant tu va pouvoir ecrire la suite avec l'arriver de ton pt fils
2. christian Hebert 27/04/2009
la vie du poete continue avec ses hauts et ses bas, elle sera lisible dans un avenir proche mais nous ne nous précipitons pas trop...
3. ketarosa 22/02/2009
Oui Chris.....de 2001 à 2009 il se passe quoi on veut tout savoir nous....raconte....
j'ai bien aimé lire la vie du poète...
4. Martine 25/12/2008
Très bien écrite l'histoire de ta vie
Dommage que tu la termine en 2001
Raconte nous la suite dans le prochain numéro...
Gros bisous mon Cricri
Martine