Ô que le Monde !

Ô QUE LE MONDE !

Ô que le Monde est marrant
Flottant au bord de l'air
Dans un vide troublant,
L'univers.

Une orange étonnante
Avec son atmosphère,
Ses montagnes, ses volcans
Et la mer.

Puis des villes en carton
Bâties sur ce caillou
A perte d'horizon
Par des fous.

Des nuages de coton
Dans un ciel bleu azur
Et des pluies de mousson,
La Nature.

Un jardin fabuleux,
Une terre promise
Avec des gens heureux
Le bonheur dans les yeux.
Un soleil éclatant,
Les cloches des églises,
Un Eden reposant
Et les rires des enfants...

Ô que le Monde est petit
A des années lumières d'ici
Cette étoile qui scintille
C'est la Terre.

Un ballon si fragile
Aux pieds des Etres Humains
Funambules sur le fil,
Magiciens.

Des cheminées qui fument
Au plafond gris plombé,
Des cierges qu'on allume
Pour prier.

Et des chansons d'amour
Poussées au bord des larmes
Durant les mauvais jours,
Mélodrame.

Un jardin mystérieux,
Une terre soumise
Avec des gens curieux
La crainte dans les yeux.
Un soleil déclinant,
Le bourdon des églises,
Un Eden étouffant
Et la peur des enfants...

Ô que le Monde est navrant
Vascillant près du gouffre
Avec ses habitants
Qui le poussent.

Une orange flétrie
Abîmée par son âge,
Son Histoire, sa folie,
Quel dommage!

Ses forêts de papier
Sous les feux de l'Enfer,
Ses eaux désenchantées
Et la guerre.

Un jardin ténébtreux,
Une terre conquise
Par des gens miséreux
La violence dans les yeux.
Un soleil dérivant
Et le glas des églises,
Un Eden inquiétant
Et la mort des enfants...

Et la mort des enfants!

 

 

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