Envie

 

ENVIE

Ce soir il me vient comme une envie indescriptible
De me barrer de cet enfer incompréhensible,
Tout laisser tomber, ici vivre m'est devenu impossible,
Me tirer au bout du Monde et dire adieu à vous,
Mes copains, mon boulot, mon pays, au grand méchant loup
Puis à ma femme, oui même à ma femme, j'en ai marre de tout,
De cette existence que je mène comme un triste robot,
Je n'ai qu'une envie, foutre le camp de ce tripot
Où l'être humain est un pion...Métro, boulot, dodo.
Partir, m'éloigner de tous ces cons en leur disant merde,
Merde à ceux qui se sont joués de ma vie encore imberbe
Depuis l'aurore de ces cinquante berges que je gamberge,
Parmis tous ces politiciens, ces salauds, ces lettrés,
Tous ces autocrates qui usent leur salive à prononcer
De beaux discours sans queue ni tête pour nous endoctriner,
Je leur dis merde en majuscule et sans retenue,
De leurs sermons hypocrites je m'asseois dessus
Et leurs sourires menaçant je me les met au cul.
J'en ai plus que ras le bol de leur politique de chameau
Lorsque l'on sera au bord de la bascule à Charlot
Il nous sera trop tard pour revenir à zéro,
Tous leurs péchés originels ont atteint le summum
Comme je voudrai les effacer d'un coup de gomme
Mais ils sont indélébiles dans la nature de l'homme.
Certains diront de moi que je suis trop pessimiste
Mais mes idées noires déteignent sur mes paroles intimistes
Et transforment mes idées sereines en propos extrémistes.
J'ai une folle envie de jeter à la face du monde
Sans rectangle blanc, comme l'effet d'une bombe
Mes quatre vérités serrées dans le cuir de ma fronde,
Si je me shoote en musique et en herbes prohibées
Sans pour autant dans les stupéfiants m'abandonner
C'est que j'ai trop de haine en mon coeur à vous cracher.
Et même si d'écouter la vérité ça vous dérange,
Les mauvais démons se rebellent sous ma tête d'ange
Et je bave, j'hurle et me vide de ces mots qui me démangent.
Allez vous enfermer dans le brouillon d'une vie minable,
Vos larmes j'en ai que faire, ne jouez pas les misérables,
Des larmes de cinéma dont en rien vous n'êtes fiables,
Je vous maudits sadiques assassins de l'Existence,
Objecteurs démoniaques de nos ingénues consciences
Que la Camarde vous réserve sa dernière danse...

Ce soir j'ai une envie de faire le point sur ma vie,
Sur mon passé, mon présent, mon avenir aussi,
Mettre une barre sur mes T et un point sur mes I
Et me tirer d'ici, non pas me supprimer,
Certains seraient trop heureux de me voir couché
Entre quatre planches, raide et refroidit pour l'éternité,
N'est-ce pas vous qui rigoliez de mon teint pâle comme un linceul
Lorsque plus jeune j'étais trop timide pour ouvrir ma gueule,
Quand votre index m'accusait parce que j'étais tout seul,
Vous ma famille acharnée que je trouve bien trop laide,
Mes faux copains qui m'ont laissé les poches bien raides
Et m'ont tourné le dos lorsque j'avais besoin d'aide,
Puis à l'armée tous ces officiers du déshonneur
Ayant le tic tac d'une bombe à la place du coeur,
Prêt à tout faire sauter pour une médaille sans valeur.
Vous mes patrons regrettant le temps de l'esclavage
Tous harpagons et assujettissants à l'ouvrag,
Un cadenas bouclant votre bonté qu'encore j'enrage,
Enfin, vous toutes les femmes que j'ai couvert de mon amour,
Que j'ai plaqué et celles qui se sont fait la belle un jour,
Essuyant mes larmes durant des nuits, le coeur trop lourd,
A attendre...Attendre...Attendre quoi ? Attendre qui ?
Attendre un peu d'espoir dans ce monde en léthargie
Où le chacun pour soi est le dogme de son apologie.
Egaré au milieu de cette foule sur la route
Hurlant à l'invisible son cafard et ses doutes,
Portant sa croix et ses illusions en déroute,
Comme elle, agenouillé, les yeux levés au néant
Je prie sans conviction un dieu inexistant
Qui, avec désinvolture laisse couler le sang
Des désespérés sur la potence de l'avenir,
Saura t-il au moins pardonner leur envie de mourir
Et dans son Paradis Céleste les accueillir ?
A présent que voudriez vous que je fasse ?
J'ai toujours eu la nostalgie du temps qui passe
Et rien ne m'arrêtera dans mes décisions salaces,
Même s'il m'arrive de rire, j'aime les chansons tristes
Et je pleure de tendresse de voir les clowns sur la piste,
Comme la fleur a besoin d'eau, c'est de larmes que j'existe,
Traitez moi de tous les noms de mauvais augures,
Oiseau de malheur sans panache ni envergure,
Marin d'eau douce, flibustier de petites aventures,
Je vous applaudis et vous cris encore! Encore! Encore!
Videz dont votre coeur de tous les mauvais sorts
Plus rien à ce jour ne peut me causer plus de tort.

Envie,
Envie! Envie! Envie!
Envie de faitre le mur du commun des mortels
Je ne veux plus être le sosie quasi incorporel
De millions d'automates soumis aux choses matérielles,
Je veux connaître autre chose et prendre le temps de vivre,
Oui messieurs, vivre dans mes poèmes et dans mes livres
Et partir au gré de mes rêves comme un bateau ivre,
Suivre les chevaux de la mer sous un ciel azur,
Il m'est nécéssaire de respirer un grand bol d'air pur
Mais pas celui que vous recrachez dans la nature,
Un air de violence, d'intolérence et de terreur,
Soufflé en tourmente sur l'humanité qui se meurt
Dans une guerre froide où les religions sèment l'horreur,
Non! Je refuse toutes sortes de cruautés gratuites,
Devant votre hypocrisie je préfère prendre la fuite
Quelques soient les retombées qui ne peuvent être fortuites,
Je pisse sur les fusils que vos dieux vous octroient
Et gerbe sur vos croyances, vos doctrines et vos lois,
Jamais je ne deviendrais sicaire au nom de la Foi.
Votre modernité ne m'interresse nullement,
Un modernisme alloué aux suppôts de Satan,
La bombe atomique n'a jamais plu aux innocents!
Par monts et par vaux je recherche mon jardin d'Eden
Où toute sortes d'OGM sont frappées d'anathèmes,
Où l'alimentation générale est restée saine,
Où les fleurs et les plantes ne sont pas plastifiées,
Où les arbres des forêts ne sont pas déracinés,
Où les animaux ne sont pas grillagés,
Où les hommes redécouvrent et respectent la Création,
Où l'existence n'est pas mise en transition
Et la vie, la vrais vie, se vive sans condition,
Où la paix ne soit pas placée entre les mains d'un fou,
Où la sécurité d'autrui soit le premier atout
Des peuples vivant en harmonie et sans tabou,
Où le mot liberté retrouve sa vraie valeur
Digne de l'Homo Sapiens quelque soit a couleur,
Vivre libres et égauxdans la même ferveur,
Où des horizons d'amour s'étalent à perte de vue,
Où des fusées de larmes s'égarent dans l'inconnu,
Où l'homme redevient humain en toutes vertus.
Un jour je trouverai ce jardin de merveilles,
Chacun de nous aura droit à sa place au soleil,
Là-haut, dans les Cieux, je m'invite au Grand Sommeil,
Alors ce soir j'ai le désir de fermer les yeux
Pour qu'enfin je puisse avoir, par tous les dieux...
...L'envie, l'envie d'être heureux.

 

 

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