Je te loue

JE TE LOUE

Je te loue aux confins de ma bohème
Egaré dans les reflets invisibles
D'une certaine liberté.
Je te loue aux phrases de mes poèmes
Décousues sous ma plume irascible
De l'amour oublié.

Je te loue sur l'épave échouée
D'un bateau couché sur un lit d'écume
Bercé de solitude.
Je te loue sur la grève esseulée
Où la brise et les brisants sur la dune
Soufflent la lassitude.

Je te loue dans le coeur de la Terre
Ecartelée aux fins fonds des abîmes
De la lâcheté.
Je te loue dans les rumeurs de guerre
Bien au-delà de la main assassine
De l'absurdité.

Je te loue sur les ruines du Mur
Ecroulé sur le désespoir des hommes
Et leurs désillusions.
Je te loue au réveil de la Nature
Quand la rosée matinale de l'automne
Inonde la raison.

Je te loue au berceau du crépuscule
Lorsque le Soleil enflamme la mer
En toute humilité.
Je te loue en verbes majuscules
Les maux d'amour et les pieuses colères
De l'Humanité.

Je te loue dans le frisson du Zéphyr
Brise légère et subtile douceur flattant
Le vent d'amertume.
Je te loue dans l'âme de la lyre
Les pages virevoltantes au néant
D'un pamphlet de rancunes.

Je te loue dans le secret du printemps
Je te loue dans le frimas de l'hiver
Je te loue.
Je te loue dans le mystère de l'aurore
Je te loue dans le silence de la mort.
Je te loue.

 

 

 

 

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